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Le jardin de curé

Anciennement, le jardin de curé qualifiait un jardin composé de fleurs annuelles, de plantes aromatiques et de vivaces très florifères. Celles-ci étaient installées en massifs de faible superficie séparés par de nombreuses petites allées et encadrés par des bordures, à l’origine en buis. Ce style de jardin faisait référence aux véritables jardins de presbytères où les prêtes cultivaient, dans un périmètre proche des bâtiments, les fleurs nécessaires à la décoration de l’église, les plantes aromatiques utiles pour rester en bonne santé, et quelques fruits palissés sur les murs ou conduits en cordons.

La renommée de ce style de jardin concentrant l’utile et l’agréable s’est ensuite étendue aux « jardins de grands-mères » qui bien souvent étaient composés sur le même mode, puisque ces grands-mères étaient également les petites mains jardinières des jardins de presbytère ! Leur simplicité créait un lien entre la campagne et la maison. Mais ces jardins de grands-mères, dont beaucoup ont vu le jour entre 1950 et 1970 dans les villes et les villages, comportaient plutôt des bordures en béton, demandant moins d’entretien que les bordures de buis. Une partie potagère complétait le jardin la plupart du temps.

A l’heure actuelle, le jardin de curé rassemble donc à la fois des plantes vivaces sans souci, des fleurs annuelles fleuries tout l’été, des aromatiques pour les tisanes et la cuisine, des fruits ainsi qu’un petit potager. La redécouverte des plantes d’antan, des légumes anciens et des vertus des aromatiques renforce encore l’attrait pour ce style de jardin.

Les caractéristiques du jardin de curé : 

1 – Un plan découpé en de nombreux massifs 

La succession des massifs, souvent de forme courbe, donne l’occasion de cultiver un grand nombre de plantes qui peuvent être diverses et variées. Ce qui est privilégié ici n’est pas tant leur caractère esthétique que leurs différents usages : fleurs à bouquets, fleurs à parfum pour attirer les pollinisateurs, plantes médicinales et nourricières

Des petites allées sillonnant le jardin permettent d’aller cueillir facilement les fleurs et de récolter les fruits ainsi que les bonnes herbes et aromatiques à tisane. Car il est important d’accéder de tous les côtés aux plantations des massifs. Le revêtement basique des allées en graviers ou en terre et sable compactés ne coûte pas très cher.

 

2 – L’économie au quotidien

Un endroit pour le compost, des bacs de récupération de l’eau, un cabanon pour ranger les outils et des petites placettes de travail (petits espaces dallés, avec un banc) parsèment la plupart des jardins de curé et jardins de grands-mères. Cette organisation  montre l’usage autrefois uniquement utilitaire de ces lopins de terre où chaque parcelle devait produire quelque chose servant à une vie quotidienne frugale. Aucun engrais extérieur n’entrait dans la culture, seul le fumier bien décomposé permettait d’enrichir le sol. La récupération de l’eau de pluie en conteneurs maçonnés accolés à la maison ou aux bâtiments annexes était le complément indispensable de l’eau du puits  pour arroser, avec quelques bassines et contenants disséminés autour du cabanon. Le choix de plantes résistantes, elles aussi frugales en eau et en engrais, doit donc guider la création de ce style de jardin.

 

3 – Un foisonnement végétal

Tout est fonctionnel dans un jardin de curé. Aussi le mélange des genres est tout à fait autorisé. Les arbres fruitiers peuvent border certains côtés des massifs et encadrer les allées, les petits fruits cantonnés au potager peuvent aussi servir de haie et de bordure, ou être disséminés autour des parties en terrasse ou des espaces de travail.

 

4 – Des plantes florifères et sans souci

Les plantes que l’on a considérées comme désuètes ces vingt dernières années reviennent en force car elles constituent la base du jardin de curé : ce sont par exemple les dahlias qui reviennent très en à la mode aujourd’hui, les ibéris et les heuchères pour les bordures, les campanules, les grandes marguerites plus le lupin et le glaïeul pour les bouquets, les primevères, l’anaphalis, le cinéraire, le cœur de Marie (Dicentra spectabilis), les giroflées, le myosotis, la guimauve, le ricin et la tanaisie.
A cela s’ajoutent les vivaces qui poussent sans soin comme les achillées, la camomille, l’armoise, les œillets, les iris dans les terres poreuses, les ancolies en situation fraîche, les pois de senteurs à conduire sur la barrière du potager. Puis les annuelles qui se ressèment seules telles que la nigelle, le bleuet, la gaillarde. Narcisses, lis et tulipes sont aussi très appréciés parmi les bulbes.

 

5 – Des aromatiques pour les tisanes et la cuisine

Le jardin de curé fait une place importante aux herbes aromatiques et à tisane, et à toutes les plantes médicinales qui autrefois constituaient les remèdes principaux de la pharmacopée populaire. Parmi les incontournables, il y a la sauge, le thym, le romarin, le laurier-sauce, la menthe, l’hysope et le souci. Ciboules ou ciboulette ainsi que le fenouil sont davantage cultivés comme plantes condimentaires, avec l’oignon rocambole (oignon perpétuel) et le raifort.

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